On reprend la route vers la ville éternelle

Et oui, en ce magnifique lundi, on remet nos sacs à dos et continuons vers le sud. Rome est à une vingtaine de kilomètre d'ici. On peut facilement le faire aujourd'hui, mais on fera étape en chemin. Ça va nous permettre d'arriver au Vatican frais et dispos. Ces quatre jours de repos ont été divinement bénéfiques. La Storta n'est pas une belle ville. Y'a rien à visiter, rien à voir, et pas de magasins intéressants pour faire du lèche-vitrine. C'est peut-être grâce à ça qu'on s'est autant reposé. J'ai pris beaucoup de temps pour réfléchir à tout ça. D'où viens-je, où vais-je, pourquoi-je ???
Pendant que je t'écris, on reçoit un courriel de notre amie Micheline, qui à marché un mois sur le chemin du Puy-en-Velay en France. J'ai hâte d'entendre son récit. Je t'avoue que je commence à avoir hâte de m'acheter d'autres vêtements. C'est assez grippant de voir mon chandail bleu quand je n'ai pas mon sac sur le dos. Le dos est bleu foncé, et sur le devant, deux barres bleu foncées là où sont les bretelles. Le reste est tout décoloré, brûler pas le soleil.
À Rome, je vais me trouver un pèse-personne à emprunter à quelqu'un. À l'œil, j'ai perdu beaucoup de poids. De la graisse bien sûr mais, aussi, de la masse musculaire. Ouch!
Bon, on repars...

On voit Rome d'ici...

Nous sommes rendu à La Storta, à 20 km de Rome. Nous prendrons ici quelques jours de repos car on ne peut arriver à Rome avant le 30 septembre, date pour laquelle notre studio est réservé. Physiquement, comme en 2008, on dirait que nos corps ont franchit un cap. De superbes machines, au service de notre volonté. C'est bien sûr qu'en fin de journée, on a encore parfois le dessous des pieds un peu "applati". Mais la structure motrice est vraiment bien rodée. Je ferai probablement peu de commentaires les jours qui viennent. Tu comprendras certainement qu'en cette fin d'aventure, je suis dans un profond état d'introspection. Mais ne craint rien, tu seras au courant quand on se remettra en route. Et j'ai bien l'intention de bloguer un compte rendu assez complet de cette aventure.

Au regard des évènements récents, je glisse ici un mot pour signifier mon support à tous mes amis Algériens, particulièrement ceux originaires de Tizi Ouzou. Et aussi à mes amis Français, qui vivent intensément cette épreuve douloureuse.
Bien sûr, notre idée de "peut-être" se rendre en Algérie au mois de janvier pour profiter du soleil et connaître la terre natale de mes amis, est bel et bien dissipée.

Je t'enverrai quelques photos d'ici un où deux jours car maintenant, c'est l'heure de la douche !!!

Ça commence à sentir le Romain...

Pour commencer, un texte que j'ai beaucoup apprécié:

Le jour où je me suis aimé...

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et, alors, j’ai pu me relaxer.  
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle l'ESTIME DE SOI.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle,
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.  
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle l'AUTHENTICITÉ
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,  
j’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.  
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle la MATURITÉ.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,  
j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.  
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle le RESPECT.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,  
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.  
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle l'AMOUR PROPRE.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,  
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans ,
j’ai abandonné les mégaprojets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime, quand ça me plait et à mon rythme.  
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle la SIMPLICITÉ.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,  
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison
et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.  
Aujourd’hui, j’ai découvert l’HUMILITÉ.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.  
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle la PLÉNITUDE.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir,
mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient un allié très précieux.  
                                                       
                                   Kim et Alison Mc Millen


Dimanche 21 Septembre, Sutri, 1743,2 km
Distance à Rome: 67,8 km
Ouais, je sais, ça fait un p´tit bout que je n'ai pas écrit. Je me sens un peu bizarre ces jours-ci. Très bien, un peu..béat. Je me sens très près de la nature. Il nous reste dix jours pour parcourir une soixantaine de kilomètres, alors on marche lentement. De plus, l'histoire des villages traversés est de plus en plus intéressante, et les nombreux vestiges bien conservés. Par exemple ici, à Sutri, il y a un ancien amphithéâtre et des dizaines de tombes étrusques, datant d'environ 800 ans avant J-C. Les tombes étaient alors creusées dans la pierre, comme celles que nous avons vus en Anatolie en Turquie, à Pisac au Pérou et dans le Yucatán au Mexique. Je me questionne souvent sur nos origines quand je vois des pratiques similaires à différents endroits éloignés, à la même époque. Comment ça se fait que plein de monde ont décidé de mettre leurs morts dans la roche, au lieu de les brûler, en même temps? Même bizarre de question pour les pyramides. Faut naviguer entre les différentes théories.
Depuis quelques jours, on voit pas mal plus de pèlerins, à pieds, mais plus en vélo. C'est normal avec le truc des cent km que j'expliquais la dernière fois. C'est parfois drôle parce que ici, la plupart des pèlerins vont vite. Go go go à Rome. Et c'est pourtant dans cette régions que les sentiers sont les plus beaux et bucoliques, et les mieux balisés. La météo est superbe depuis plusieurs jours. Ça serait le fun que ça tienne jusqu'à Rome, mais on est quand même en septembre...



À vol d'oiseau, moins de 100 km de Rome...et le moral est de retour!!!



Dimanche 14 septembre
Ce matin, nous partons d'Acquapendente. Notre distance est courte alors à 14h00, on est au resto à San Lorenzo Nuovo. On y rencontre Ninus et Helgard, deux Allemands sur la via qu'on avait croisé un peu plus tôt. On revoit aussi un jeune Allemand, Thidi. Lui, y marche en cibole, 30/35 km par jour. On se retrouve tous au même hôtel. En soirée, en cherchant de la bouffe au village, on tombe sur une fanfare. Pas pire, ça diverti. Mais pour souper, on trouve juste quelques pâtisseries de la veille. On se reprendra à la fruiterie demain.  

Nous avec Ninus, Helgard et Thidi

Lundi 15 septembre, Bolsena, 1665,2 km
Distance à Rome: 145,8 km
Courte journée comme prévue, tout en chemins de colline, avec une superbe vue sur le lac Bolsena. On arrive à l'hôtel Il Platani à 13h00. Wow!!! Le plus bel hôtel depuis notre départ. Chic, propre, bon resto, personnel selon MES normes de service client, terrasse privée avec vue direct sur la cité médiéval. Tout ça pour 50€. En pm, visite de la cité. Tout en pente, très raide, comme la plupart des vieilles villes fortifiée. Mais celle-ci est particulièrement bien conservée. Provisions, souper sur notre terrasse, bla bla voyage. Une journée de rêve...

Trois jours sur des sentiers comme ça...

Dans la cité médiévale, tout est en pentes...

Mardi 16 septembre, Montefiascone, 1683,5 km
Distance à Rome: 127,5
Petit dej au soleil sur notre terrasse. On poste une enveloppe de documents volés/retrouvés vers la propriétaire en Allemagne. On quitte la ville avec un peu de regret. La journée est toute en côtes. On devait faire peu mais, finalement, on se rend à Montefalcone car il n'y a aucune possibilité d'hébergement avant. En entrant dans la ville, on croise la borne "Francigena 100" et bien sûr on la prend en photo. Cette borne est super importante sur le chemin. Pour obtenir le Testimonium, le "diplôme" du pèlerin au Vatican, il faut avoir parcouru la distance à partir de cette borne. Bon, nous on est partis 1600km avant mais, c'est un détail. Au cas ou tu te demande pourquoi j'ai écris en haut 127,5km alors que la borne dit 100, il faut savoir que c'est à vol d'oiseau, en ligne droite, alors que nous en marchant on fait plein de bifurcations. Un prêtre nous a ensuite interpellés pour estamper notre crédential, carnet du pèlerin, et nous expliquer l'héraldique du timbre. Ensuite direction centro pour se trouver un nid au sec et au chaud pour la nuit.


Mercredi 17 septembre, Viterbo, 1701,3 km
Distance à Rome: 109,7
Superbe journée, une seule longue pente. Terre battue à travers champs. Toutefois, aucun village, aucun point d'eau et rien à manger sur 18km; faut prévoir le coup. On commence à avoir la "couenne" dure pour ça. Arrivés à Viterbo, c'est une vieille ville, plutôt grande et avec plusieurs quartiers médiévaux et renaissance très bien conservés. On s'installe ici, en plein centre historique, plpour deux nuits. Hyper bien reçus pas Anna, la porprio des apparts Saffia 103. Elle nous donne plein de conseils pratiques pour bien profiter de notre séjour. 

Jo sur l'antique via Cassia, construite sous le règne du consul Cassius, en 154 avant J-C.
Ça fait un p´tit quelque chose de marcher là-dessus...


À très bientôt...


Pourquoi on continue ???

Vendredi 5 septembre, Altopascio, 1395,2 + 17,9 = 1413,1
Distance à Rome: 413,8 - 17,9 = 395,9

Hier soir, on s'est initiés au "aperol spritz". C'est le drink orangé que tout le monde boit le soir. Pas mauvais, un peu amer, c'est un mélange de vin blanc pétillant, d'eau gazeuse et de campari, avec glace et tranche d'orange. Mais je ne peux pas vraiment te dire ce que ça goûte, c'est assez unique. Aujourd'hui, trajet sur le plat, mais rien à voir.
Je remarque que, en Toscane, et peut-être ailleurs, il n'y a pas de collecte des ordures à la maison. Les gens doivent aller les porter dans des bennes un peu partout. Il y en a à tout les cent mètres. Résultat! C'est pas très beau, ça sent souvent mauvais, et il y a des déchets partout. Surtout sur les petits chemins de campagne qui se voudraient bucoliques, les bords de route sont parsemés de détritus. Et quand les faucheuses passent dans les sacs à vidange, ça fait vraiment dure. Et dès qu'il y a un coin un peu en retrait, les gens viennent "domper" leurs poubelles là. C'est pas l'idées qu'on se faisait des campagnes toscannes. C'est sûr qu'en auto, sur l'autoroute, on ne voit pas ça, comme à la télé. Arrivés à Alto, au gîte, on fait la connaissance de deux Français de la Haute-Savoie, Jacques et Patrick. 

"Les Français conduisent en fou, les Suisses sont un modèle de discipline, et les Italiens sont d'une courtoisie exemplaire..."
Bon ben...je vais te dire ce que j'en pense, d'un point de vue piéton.
Les Français sont...pas si pire que ça; Semblable au Québec.
Les Suisses, on ne se tasse pas pour laisser la place aux marcheurs, mais les passages à piétons sont "moyennement" respectés. Aux feux de circulation, tout va bien.
Les Italiens, c'est autre chose. Ils vont vite, très vite. Et on a parfois l'impression qu'il doivent avoir leur cell en main pour démarrer l'auto. Tout le monde parle au téléphone et texte aux coins de rues. Assez rushant pour un gars de la SAAQ. Mais ils sont habitués aux nombreux cyclistes le long des routes. Alors pour nous, pas vraiment de problèmes. Mais contrairement à partout ailleur, c'est plus sécuritaire de marcher dans le sens de la circulation, ils nous laissent plus de place. Tandis que face à la circulation, tel que recommandé, ils nous collent à 30cm, à 90km/h. Wwwwwouf!!! Et la courtoisie? Presque inexistante. Le seul moyen de traverser, c'est de se "câliquer" devant eu en les regardant du coin de l'oeil. Même quand ils sortent de leur entrée, si on arrive en même temps, ils donne un p´tit coup de gaz pour se sacrer devant nous, et attendent de pouvoir sortir en nous bloquant le passage. Et ce n'est pas un cas isolé, c'est comme une coutume. Pis là, on est seulement dans des villes moyennes. Je t'en reparlerai à Rome...



Samedi 6 septembre, San Miniato Alto, 1413,1 + 23,5= 1438,6 km
Distance à Rome: 395,9-23,5= 372,4 km
Super petit dej dans la chambre avec les provisions d'hier. Soleil très chaud, parcours très plat, mais un peu long. On croise nos deux amis à deux reprises et la deuxième, on poursuit la route ensemble. On voulait arrêter dans un petit village qui préparait une superbe fête médiévale pour le soir, mais absolument aucune possibilité d'hébergement, même à l'immense couvent des soeurs Clarisses (???). On se retrouves 8km plus loins dans un monastère franciscain où on est hébergés après une longue et pénible négociation, même s'il s'agit d'un accueil pèlerins de cinquante-cinq places et qu'il n'y avait que quatre pèlerins, en auto, qui étaient là. Et hors de question de nous donner, ou plutôt vendre, quoi que ce soit à manger ni ce soir, ni demain matin, c'était TRÈS claire. La règle monastique de Saint-Benoît est vraiment en voie de disparition. C'est à se demander quelle est maintenant la vocation de ces grands ordres religieux...



Mardi 9 septembre, Sienne, 1438,6 + 88,7 = 1527,3 km
Distance à Rome: 372,4- 88,7  = 283,7
Après trois très longs jours de marche, on fait étape à Sienne, où on prend une pause d'un jour pour récupérer et visiter. On s'est déniché un superbe petit B&B à cinq minutes de marche de la ville historique, à bon prix et propre. 

Mercredi 10 septembre, Sienne, 1527,3
Distance à Rome: 283,7
Visite de Sienne.



Jeudi 11 septembre, , 1527,3
Distance à Rome: 283,7
Journée longue et difficile dans les champs de glaise. Ce matin, j'ai dû m'acheter des imodiums pour continuer; la bactérie ne me lâche pas. Par contre, on trouve facilement un joli petit hôtel en arrivant dans la ville. Ça fait plusieurs fois que les balises nous envois dans des endroits pas possibles. On va recommencer à faire nos itinéraires quand on a du Wifi. C'est drôle à dire mais, c'est fréquent de ne pas y avoir accès.

Vendredi 12 septembre, Ponte d'Arbia, 1552,2 km
Distance à Rome: 258,8
Ce matin, c'est le déluge. Hors de question de suivre l'itinéraire dans la glaise, on s'enligne sur la route. Y'a du trafic en cibole et, j'sais pas si c'est la pluie ou quoi mais, le monde ne se tasse pas du tout, même les camions. Bizarre. Un moment donné, quelqu'un nous suggère un chemin plus tranquille, pas trop boueux. On essaie. Bonne idée. On se trouve un gîte après une dizaine de km, trempés à l'os et transit pas le vent. J'ignore comment on fait pour supporter ça. Depuis un looooong moment, on a plus vraiment de fun, on s'acharne. On s'auto-analyse. Orgueuil, résignation, fierté, courage. Finalement, on s'accorde sur une raison. On ne veut pas avoir de regret un jour en se disant: "Pourtant, il nous restait juste deux ou trois cent km à faire. On aurait donc dû continuer". Ouais, actuellement, c'est ça la raison.





Le compte à rebours est commencé; on est à 413 km de Rome...l'usure se fait sentir!

"Possède seulement ce que tu peux transporter avec toi; connais des langues, connais des pays, connais des personnes. Laisse ta mémoire être ton sac de voyage."
-Alexander Solzhenitsyn

Jeudi 28 août, Pontremoli, 1273 km
Monastère capucin
Voilà! Tel que décidé hier, on prend le train pour se rendre directement en Toscane dont Pontremoli est le premier village sur la via. On fait 170km pour 17€ chacun; sauf qu'on fait deux transferts. Un à Milan, l'autre à Parma. En tout, ça a pris 4h30.  Arrivés à destination, c'est l'heure de trouver un gîte. Chanceux, on tombe pile sur un monastère capucin qui offre l'accueil aux pèlerins. Un très grand monastère, habité seulement par trois religieux dont un, Aurelio, qui est âgé de 91 ans. Il conduit toujours et fait du commerce d'antiquité. Jeune, son confesseur était le padre Pio. Pour le souper, on se fait du riz avec des pois que nous avons cueilli hier dans un champs. Demain, on reprend la route de Rome et, cette fois, plus de transport; on est dans le temps prévu.

Vendredi 29 août, 1273km
GPS: N44.29216 E009.97659
Belle journée, de retour dans les montagnes. On doit en avoir pour 3 ou 4 jours avant de retomber sur le plat. Le midi on prend un très bon repas au resto; salade, assiette de fruits de mer frits, 1/2 de vin, 1 grappa, 1l d'eau gazeuse et un café pour 16€. Enfin une aubaine! Au resto, mon italien était pathétique aujourd'hui. Faut dire que les serveuses faisait vraiment aucun effort. Près de nous, plié de rire, un client bilingue est venu à notre rescousse. En pm, on est vraiment "Sous le soleil de Toscane". À 16h00, ça écrase. C'est vraiment capotant les hameaux qu'on traverse. On a toujours l'impression de passer dans la cour, presque la terrasse, du monde. Des méandres de maisons collées les unes sur les autres, avec plein de passages et tunnels qui descendent sous terre pour ressortir on ne sait où. Autour de Villafranca, on ne trouve absolument aucun endroit où dormir. Alors on continue quelques km et on s'installe pour camper entre un terrain de foot et un cimetière, près d'une fontaine. Pas l'idéal un vendredi soir mais on devrait être pas pire. 

Dimanche 31 août, Sarzana, 1273+51= 1324 km
Distance à Rome: 485km
Deux jours très difficiles. Hier, le balisage était médiocre, on s'est perdus deux fois. Donc, +\- 3km pour rien. En arrivant à Aulla, beaucoup de difficulté à trouver un hôtel= 90€. Aujourd'hui, la galle. La pire journée de marche depuis Canterbury. Incroyable. Tout ce qu'il y a de pire pour des marcheurs. Que de la montagne, montées et descentes toujours très raides. Pratiquement que des sentiers qui suivent des rigoles alors tout croches, plein de trous et de cavités glissantes. Sinon, que de la roche sur un fond de sable durci, ce qui rend le tout extrêmement glissant et dangereux pour les chevilles et les genoux. Pour couronner le tout, des sentiers très, ou trop, étroits remplis de ronces. Et cela sur 18km interminables sous un soleil très chaud. Une heure seulement après notre départ d'Aulla, on était dégoulinants de sueur. Heureusement, l'hôtel de Saranza est une bonne valeur, et en plein cœur de la ville. Alors une bonne douche et hop! On va se nourrir.

Lundi 1 septembre, Marina di Masa, 1324+18= 1342 km
Distance à Rome: 485-18= 467
Auberge de jeunesse
Superbe journée. Nous sommes sortis de la Ligurie pour revenir de nouveau en Toscane. Aujourd'hui, j'ai fait notre itinéraire. Dix-huit beaux km en ligne droite, sans zig zag ni montagne. En bonus, après deux heures de marche, on arrive sur la côte méditéranéenne. Avec une grosse bouteille d'eau gazeuse et deux crèmes glacées, on obtient la permission de profiter des chaises de plage. Bien sûr, il y a tout un bataillon de vendeurs de "cossins", centre-africains pour la plupart. Y'en à même un qui avait deux sacs plein de manteaux d'hiver, sur une plage à 32 degrés. Y'a quelqu'un quelque part qui lui en a passé une vite...
Après ce repos, on continue une dizaine de km sur ce Hollywood blvd italien. Au moment où on est dans un genre de cul-de-sac derrière une marina, me croyant un peu égaré, assis sur une chenille de pépine, on s'aperçoit qu'on est pile poil devant l'hostel international qu'on cherchait. Quand ça arrive, c'est l'fun. Un immense bâtiment, avec des escaliers de marbre sur trois étages. Peut-être un ancien hôpital, ou une villa de bien nantis. On a une chambre privée avec vue sur la mer. Pas le Marriot´s hôtel de Monaco, mais quand même agréable.

Mardi 2 septembre, Pietrasanta, 1342+19,5= 1361,5 km
Distance à Rome: 467-19,5= 447,5 km
Belle journée productive. Le soir, on dort dans un accueil religieux. En soirée, on se promène dans ce charmant petit village. Pas affamés, on arrête prendre une consommation sur une terrasse et, les " patatinas" sont offerts. Toutes sortes de truc à manger, incluant une sorte de saucisse hot dog en tranches. C'est la deuxième fois qu'on remplace le repas du soir pas des accompagnements. Ça fait changement et c'est écono.

Mercredi 3 septembre, Massarosa, 1361,5+18,7= 1380,2 km
Distance à Rome: 447,5 - 18,7 = 428,8 km
Pour éviter un passage en montagne qu'on juge inutilement difficile, on suit un autre parcours par les routes. On arrive à notre hébergement pour 15h45. Ça, ça fait du bien. Une soirée de cocooning hyper relax.

Jeudi 4 septembre, Lucca (Lucque), 1380,2 + 15= 1395,2 km
Distance à Rome: 428,8 - 15 = 413,8

1273 km, au royaume du risotto!

Dimanche 24 août, Robbio, 1194+18= 1212
Refuge municipal (offerta libera)
Ce matin, je me sens beaucoup mieux. Ce repos a été trrrrrès bénéfique. Comme dirait mon amie Andrée, je me sens "tip top". Drôle de journée de marche. Ciel bleu, soleil, très chaud, on est bien. Un peu de difficulté à quitter Vercelli car le balisage est...invisible. Mais comme souvent dans cette situation, On tombe sur un jeune couple qui sont fascinés par ce qu'on fait et offrent de nous guider jusqu'au pont recherché. Les seize km suivants se sont déroulés en plein soleil dans les champs de...rizières!!! Non non, je ne délire pas, c'était vraiment de la culture de riz, ici, en Lombardie. On a appris que c'est pour subvenir aux besoins de la région qui a fait du risotto sa spécialité. En arrivant à Robbio, on cherche un endroit pour la nuit. En passant, on voit un commerce où il y a beaucoup de monde. Bizarre pour un dimanche. C‘est une "gelateria", de la crème glacée. Pour faire partie de la gang, on y va aussi. Délicieux, mais mon estomac fait des backfires. Ensuite, pendant que je fais un retrait au guichet, j'entend un homme parler italien et Jo qui me dit: 
"Chériiii! Y'a un monsieur qui me parle drôlement."
"Il veut savoir d'où tu viens."
"Ouais mais y m'fait des signes bizarres"
"C'est pas le premier. J'prends l'argent pis j'arrive"
J'me revire de bord pis YEP! Un Casimodo Lombard qui a les mains sur le côté de la tête pour signifier dormir. Holà! La p´tite blonde c'est ma gazelle, pas la tienne. En discutant un peu avec lui, on se rend compte qu'il veut nous conduire à un refuge pour dormir, géré par la municipalité. Du moins, c'est ce que j'en conclu en comprenant un mot sur trois parce que son italien est un peu local. Le gars est un peu bizarre mais super fin. Puis nous, on file super cheap. Anyway, on se retrouve à l'abri dans un gîte gratuit, guidés par un "drôle de moineau" que les locaux appellent tous padre (???). Un se fait un riz aux légumes au gîte.

Lundi 25 août, Mortara, 1212+15= 1227 km
Refuge San Albin (Franca)
Un peu d'épicerie, puis on repars dans les rizières, toute la journée. Heureusement qu'on a pris on bon petit déjeuner. On arrive à Mortara vers 16:00. On croyait trouver un gîte facilement mais tout est fermé jusqu'en septembre. C'est une assez grande ville, mais super laide. Vraiment. Et plus ou moins bien fréquentée. Alors on ne perd pas notre temps et on fou le camp. 2km plus loin, on tombe sur un très anciens monastère transformé en refuge pèlerins. On y est reçu comme des roi. Grand, propre, tout équipé, même un reste de crème à barbe et d'après rasage. Je crois rêver. Maudit que je sens bon! De plus, pour le souper, un trois services super nutritif, le tout donna libera, ou donativo, on donne ce qu'on veut ou peut.

Mardi 26 août, Gropello Cairoli, 1227+28= 1255 km
Refuge municipal 
Ici en Italie, on trouve tout les deux qu'on mange beaucoup trop, trop tard. On va revoir notre stratégie nutritionnelle. Quand ça adonne le midi, on prend un repas de fou. Mais le soir, on concocte notre petit repas; léger et nutritif.
Grosse journée. Après quinze minutes, on est perdus dans les rizières, un vrai labyrinthe. On s'en sort un peu boueux avec peut-être 2km de plus que prévue. Pas si mal dans les circonstances. Aujourd'hui, le balisage est vraiment moche. On avance au pifomètre. La journée est longue. Toujours dans les rizières. Je pense qu'on ira pas au Vietnam, c'est comme si on y était. En arrivant finalement au village le soir, le seul hôtel est complet. On essaie de trouver une solution avec le propriétaire quand un client un peu...gorlot, nous offre de le suivre pour dormir. Ben,,,pourquoi pas, on verra ben! Surprise! Il nous amène dans un genre de café jeunesse surpeuplé de toutes sortes de monde, dans tout les états, et nous présente à un vieux curé en collet romain en train de picoler. Petite séance de chiâlage en italien, on comprend rien pis c'est tant mieux, et on se retrouve tout les deux seul, dans un superbe gîte à pèlerin, donativo. Ataboy!

Mercredi 27 août, Pavia, 1255+18= 1273 km
Hôtel Excelsior
Superbe soleil, mais toute la journée dans le riz. Commence à être un peu tanné. En milieu d'après-midi, on fait une longue pause dans un champs et on monte la tente pour la faire sécher. Il y a longtemps qu'elle est trempée et pèse une tonne dans mon sac. Après une heure et demie, on repars vers Pavia. C'est une assez grande ville et tout les hébergement à bon prix sont occupé. On nous offre de partager une chambre à trois lits avec un étranger qui y est déjà, pour 70€. Malade!!! On se retrouve à l'Excelsior pour 90€, mais seul et avec le petit déjeuner. En soirée, on "book" notre studio pour deux semaines à Rome. Étant donné que le temps file, et qu'il reste deux ou trois jours à marcher dans les rizières, on a décidé que demain, on va essayer de trouver un transport pour sauter quelques étapes et se rendre en Toscane ( oui, je sais, ça fait rêver). Pas de vidéo cette fois-ci. Tape "rizière" sur Google image pis...c'est ça!

Un petit bout de "treni"...

Jeudi 21 août, Pont Saint-Martin, 1150+20= 1170 km
La casa antica
Ouf! Très dure nuit, je n'ai pas dormi. Crampes d'estomacs, j'ai vomi à trois reprises, la diarrhée, et mal au sciatique. Le matin, ça a pris beaucoup de volonté pour partir. Complètement déshydraté, faible comme un pou et un peu gaga, j'ai quand même réussi à faire les 20km prévus, avec seulement un yaourt et un kiwi. À toutes les demi-heures, je me faisais un "pep talk" en me disant sans cesse que "I'm a fuc... road warrior". Je me comprends. Je suis arrivé au gîte complètement vidé, dans tous les sens du terme. Le soir, j'ai bu deux litres d'eau minérale gazéifie pour me réhydrater, et manger seulement un peu de céréales avec des crudités. Jo elle, n'a rien eu. Heureusement. Ça doit être un bactérie que j'ai chopé quelque part. On a réussi à contacter par Skype notre amie Micheline, qui par en pèlerinage bientôt sur le chemin du Puy-en-Velay, en France. C'est une personne qui nous inspire beaucoup Johanne et moi et pour qui nous avons la plus grande affection. Buon camino peregrina!


Vendredi 22 août, Ivrea, 1170+24= 1194 km
Albergue Luca
Bien dormi, mais l'estomac fragile encore. Un fruit et un croissant le matin, et mes intestins capotent toute la journée. Et dès que je prends une gorgée d'eau, arriba!!! Malgré tout, on fait nos 24km. Le chemin est superbe. Outre le fait que je ma santé nous impose de fréquentes pauses, c'est magnifique de circuler sur les anciennes voies romaines, parmi les vignobles en paliers et les petits chemins emmurés. Bien sûr, je ne mange rien le midi. Pendant que Jo mange, je récupère sur une chaise longue d'un hôtel. Le soir, heureusement, on trouve l'hôtel facilement. Deux fruits et un morceau de fromage, avec beaucoup d'eau et hop, dodo.


Samedi 23 août, Vercelli, 1194
Vercelli palace
Aujourd'hui, je fonctionne sur la batterie de secours. Et on prévoit beaucoup de pluie. On décide donc de faire un bout en train. De toute façon, pour être à Rome la première semaine d'octobre, on devra le faire à quelques reprises. On saute ainsi trois étapes, encore un peu montagneuses, et où il n'y a pas de point d'intérêt majeur. On a pris le train à Ivrea, fait un transfert à Chiasso (pas de jeu de mots facile), et direction Vercelli. Tout ça pour 14€ pour les deux. Dans les gares, quand toutes les annonces sont en Italien, faut être plutôt attentif. Les prochains jours devraient être en terrain plutôt plat. Depuis que nous sommes en Italie, nous n'avions pas trouvé d'alcool pour le brûleur, mais aujourd'hui oui. À l'hôtel, on s'est fait du riz avec du poulet. Miam! Ca va me donner des forces. Et l'eau de riz, c'est bon pour c'que j'ai. Là on se repose pour vrai. Demain, on reprend le cap sud.


Ça m'étonne encore que tout un continent survive avec ce genre de petit déjeuner. Pratiquement tout les matin, un croissant avec du beurre et un café, avec pain et confitures, et des tonnes de Nutella. À l'occasion, mais rarement, un peu de fromage et du jambon. On s'ennuie vraiment des déjeuners Cora et mon bacon du jeudi matin. C'est pour ça que, la plupart du temps, on fait notre propre petit déjeuner nous-même avec des flocons d'avoine quand on en trouve, des fruit frais, du yaourt, du pain intégral et du beurre d'arachide, quand on en trouve ça aussi.

1150 km et toutes ses dents...

Le voici! Le vidéo du Grand Saint-Bernard est disponible ici.


Samedi 16 août, Gignod, 997m, 1061+26= 1087 km
Hôtel Bellevue
Petit déj. Au réfectoire, on discute beaucoup avec la femme de Nicolas (désolé, j'ai oublié son nom). On part vers 9:00. En sortant de l'hospice, le vent glacial nous traverse comme une passoire. 2 degrés, un brouillard à trancher au couteau, et un facteur éolien de fou. En cinq minutes, on a les doigts gelés et on est déjà transit. Ayoye! Go go go, faut qu'on se réchauffe alors on part illico. Y'a tellement de brume qu'on ne voit même pas le lac à 200m, et on photographie la statue de Saint-Bernard de justesse, entre deux nuages. Pendant une heure, notre cadence rapide de descente suffit tout juste à nous donner un certain confort. Une autre heure plus tard, les nuages se dissipent et le soleil nous chauffe jusqu'à...12 degrés. C'est déjà ça. Aujourd'hui, on descend beaucoup, un peu plus de 1400m. Ça paraît en météo, et sur notre capacité cardio-vasculaire. On est en Italie maintenant. C'est très différents. Les bâtiments, la bouffe. Les gens sont ici aussi très accueillants. Le balisage est extrêmement facile à suivre et les chemins sont très agréables. Espérons que ça dure quelques jours ainsi. On cafouille quelques mots de pseudo italien, et ils font le reste. Parce qu'on se sent en forme, on dépasse l'étape prévue pour se rapprocher d'Aoste, une ville où on devrait pouvoir magasiner quelques petites choses, dont des chaussures pour moi. À l'hôtel, plus de chambres doubles. On nous demande 100€ pour deux chambres simples. Il est 19:00 et on est un peu coincé. Mais à force de "gogosser", on deal une chambre lit simple et deux petits déjeuner à 55€ pour les deux. Moi je dormirai par terre sur mon matelas de sol. C'est pas pire que dehors, on est au chaud et au sec, et Jo sera confortable. Je dois maintenant plonger dans mon étude de l'italien...

Dimanche 17 août, Aoste, 1087+10= 1097
B&B Dubuisson
Petite distance aujourd'hui. On se dépose à Aoste et profite de la journée splendide pour visiter la ville. Le quartier historique est très vivant, même si on est dimanche. J'en profite pour remplacer mes espadrilles finies par des sandales. J'entends déjà plein de monde dire que je suis malade, en sandale? Je l'ai fait en 2008, et je ne suis pas mort. C'est seulement plus délicat dans les montagnes. L'histoire de la ville est vraiment intéressante. Implantée sous l'empereur Auguste, en -26, c'était une Rome miniature avec son théâtre, son coliseum, ses temples. C'est la peur de se faire envahir de tous côtés qui poussait les Romains à s'implanter de la sorte un peu partout. Ce soir, j'ai terminé mon septième clip, qui fait le fois sur notre traversée des Alpes. Je le trouve pas mal bon. Mais pour le mettre en ligne, il faut un bon Wifi, alors ça devrait être pour bientôt.

Lundi 18 août, Nus,
Hôtel Dujany
On quitte vers 9:30, tout en montée, à flanc de montagne. C'est ici, en hauteur, qu'on peut vraiment comprendre ce qu'est la vallée d'Aoste. Immense terrain plat, entouré de gigantesques montagnes qui coupent la régions d'est en ouest. Actuellement, on serait porté à se demander comment on va faire pour reprendre la direction de Rome, vers le sud. Y'a sûrement un col plus loin qui va nous éviter de se taper un 1600m de montée pour traverser. Tout est encore en montée/descente. On en a pour quelques jours. En sandales, ça commence à me faire des mollets pas pires...

Mardi 19 août, Châtillion, 1097+30= 1127km
Hôtel Dufour (chez la signora Dufour)
En dhors de la via, on retrouve notre chemin en une vingtaine de minutes. Très beau parcours sous le soleil, mais avec un assez fort vent. Le chemin est super bien balisé, sauf à un endroit où on traverse un ancien village abandonné. Un genre de village fantôme accroché à la montagne, c'est là qu'on perd le chemin. On se retrouve dans une fôret de ronces et d'arbustes très serrés. On réussi à en sortir avec seulement quelques égratignures, mais on se retrouve sur un chemin de fer de TGV. Heureusement, sans trains, on réussi à se faufiler dans un genre de tuyau d'évacuation des eaux, le reste étant clôturé de barbelés militaire (genre lames de rasoirs). Plus de balise, on se dirige simplement sur différents chemins, direction Nord-est. Peu de temps après, on retrouve la piste et rentre dans la ville vers 15:00. On trouve l'hôtel assez facilement après avoir demandé notre chemin, en italien, à un couple. Pas de réponse à l'hôtel, on prend une bière, on dévalise un guichet automatique, et je me fais raser le coco. Ça, ça fait du bien. On cherche une carte de téléphone pour Jo, mais les cartésien oranges ne sont pas disponibles en Italie. Dans la prochaine grande ville, on essaiera de trouver une solution. Ça serai le fun de pouvoir réserver nos hébergement. Au retour, la proprio de l'hôtel est là. Alors on s'installe, et on "fouère". 

Mercredi 20 août, Verrès, 1127+23= 1150
Hôtel Il Casello
Soleil. On fait des provisions avant de quitter la ville, puis on mange quelques fruits devant l'église Saint-Pierre de Châtillion, avec une vue plongeante sur la ville. Ensuite, on retourne en montagne pour une superbe journée de marche. On traverse plein de petits hameaux où il a TOUJOURS des fontaines et de l'eau à profusion. À 13km, on prend une pause houblon à Monjovet avant de continuer. En quittant la ville, on revoit dans un bars quatre pèlerins allemands que nous avons croisé ce midi. On discute un brin, et reprend notre route. Un peu long sur le dernier stretch, on fait environ deux km pour trouver l'hôtel. Au final, ça a été une très belle journée.

Col du Grand Saint-Bernard, 2460m, 1061km, à deux pas de l'Italie...

Mardi 12 août, Champex, 1440m (altitude), 1013
GPS: N46.03537 E00709907
Départ de Martigny sous le soleil. Belle sortie de ville. Le chemin est bien balisé. La montée est raide, mais les paysages valent le coup d'œil. Vers midi, on partage une pizza et vers 16:00, on prend un café sur une terrasse au sommet d'une montagne. Belle surprise. En descendant, on voit une affiche qui annonce un gîte où on peut camper. Let'se go! On installe la tente et paf! Il se met à pleuvoir. Ouf, juste à temps. Repas randonneur sous un gazebo, douche et hop! Sous la tente. Ça me rappelle notre dernier souper chez les Campiche (pas la bouffe, mais le bruit de l'eau sur la toile). Mais en bonus, il vente fort et il fait 11 degrés. Mais on est dans les Alpes alors, faut pas se plaindre, il pourrait neiger!

Mercredi 13 août, Orsières, 825m, 1013+21= 1034 km
Hôtel de l'union
Il a plu toute la nuit, avec 4 degrés. Une chance qu'on a une bonne tente et de bons sacs de couchage. Petit dej habillés en automne, puis on descent. On est dans les nuages. C'est assez cool. Un instant la visibilité est bonne, et en trente secondes, on voit à peine à cent mètres. Ça alterne comme ça toute la journée, mais toujours sous la pluie. En chemin, on rencontre beaucoup de randonneurs qui, pour la plupart, font le tour du mont Blanc, en 7 jours environ. Presque tous des groupes organisés. Au lieu de faire de longs zigzags en serpentin, on prend un raccourci qui nous fait sauver quelques km. Mais, parce qu'il n'y a rien de gratuit, on descend pendant deux heures une pente qui varie entre 17 et 30 degrés d'inclinaison. C'est tout juste si on ne doit pas parfois s'asseoir pour descendre. Arrivés en bas, debout, mes genoux tremblaient. Ça ne faisait pas mal, mais ça a travaillé solide. Le genre d'épuisement musculaire qui, peu après, nous donne une "shot" d'endorphine plutôt agréable. Arrivés à l'hôtel vers 15:00, on a pu relaxer ben correct.

"Un ami est quelqu'un qui te connait tel que tu es, comprend d'où tu viens, accepte qui tu es devenu et toujours, gentiment, t'invite à grandir".
L'abbé Raymond Gravel, 1952-2014
Que ton âme repose en paix, prêtre de combat...

Jeudi 14 août, Bourg Saint-Pierre, 1630m, 1034+14= 1048 km
Bivouac de Napoléon
Un peu de difficulté à sortir du village au bon endroit, +\-2 km pour rien. Pas mal de montée, mais les pentes pas trop difficiles. C'est vrai qu'on commence à avoir les rotules bien huilées. Les paysages sont époustouflants. Dans les cols, nous sommes entourés de sommets. Il fait un beau soleil, mais la température change vite. Au soleil, 13 degrés, dès qu'un nuage passe, ça descent à 8 en quelques secondes. Mes chaussures sont en train de me lâcher. J'ai dû les rabibocher avec le meilleur ami de l'aventurier, du "duct tape". On est arrivés au gîte vers 16:30 alors on peut se reposer et faire le nécessaire pour partir plus tôt demain matin. On a une ascension de 1000m et de la pluie abondante prévue pour toute la journée, avec un max de 11. Ça va prendre un petit déjeuner d'ogre.

Vendredi 15 août, col du Grand Saint-Bernard, 2469m, 1048+13= 1061
Hospice du Grand Saint-Bernard
On "greille les p´tits" et on part à 9:00. Un peu de grisaille, une demi-heure de descente et ensuite, ça monte. Contrairement aux prévisions, il fait soleil presque toute la journée, mais avec de fréquentes averses. Et c'est pas chaud, ça tourne autour de six degrés, et un peu de grésil en fin de journée. Les paysages sont... indescriptibles! C'est la journée où j'ai le plus trippé depuis notre départ sur la via. Wow! On fait du trekking en Suisse, dans les Alpes, vers le col du Grand Saint-Bernard. Hallucinant. Quand tu verras le vidéo, tu vas voir à l'occasion des losanges jaune et noir un peu partout. C'est les balises qu'on doit suivre. On les appelait "l'œil de Sauron", comme dans Le Seigneur des anneaux. On pensait toujours au film parce qu'il y a plein de paysages qui ressemblaient. Vers 15:00, on se croyait au Mordore; que de la roche, humide, sombre dans les nuages. VRAIMENT cool, même trempés. Mes "running shoes tappés" sont en train de se désintégrer. Ça commence à presser d'en trouver d'autres, en Italie. Ce qui est aussi génial, c'est qu'on ne peut jamais manquer d'eau. Il y a de l'eau qui descent des montagnes partout, de la neige qui fond. Pour le déjeuner, on s'est caché du vent dans un abris de montagne. Super basic, mais "ça fait la job". En arrivant au col, on est dans les nuages avec de la bruine et du vent, frette. On est chaleureusement accueillis par le père Frédéric et, en savourant un bol de thé sucré, on discute avec un groupe de sympathique Suisses intéressés par ce qu'on fait. L'un d'eux, Francis (je crois), aimerait bien le faire. Go for it!!! Un peu de repos en écrivant mon journal de bord avant le repas du soir. Ici c'est drôle, le soir, on soupe, comme au Québec. Y'a plein de "pèlerins" qui arrivent en auto ou en bus alors, on doit repartir demain matin, pas question de rester plus longtemps. Dommage, ça aurait fait du bien à ma cheville qui commence à enfler, parce que je compense d'un côté à cause de mes chaussures finies. À partir de demain, c'est l'Italie. Ça va faire tout un changement. Jo a vraiment hâte d'y être parce que, les montagnes, elle commence à en avoir "son truck". Je pense que mon prochain vidéo va être assez bon, mais faut aimer la montagne...

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