"Chassez le naturel, et il revient au galop!"
C'est un proverbe, bien sûr, mais tellement vrai. Depuis le Portugal, nous "essayons" de voyager autrement, en touristes. Nous avons été en Grèce, en touriste. C'était bien, mais tellement rien à voir avec la richesse des expériences que nous vivons en backpacking. Ces derniers mois nous avons essayé de planifier un voyage en Roumanie "en touristes". Et périodiquement, "l'appel du chemin" retenti dans nos coeurs. Toujours ce besoin de se retrouver dans des lieux inconnus, d'affronter les éléments, rencontrer des gens ou se retrouver seuls et isolés sur d'ancienne terres abandonnées.
Il faut se rendre à l'évidence. Le "Camino" de compostelle est inextricablement implanté dans notre adn. C'est pourquoi cette année, en 2020, on repart vers une autre aventure. Destination Mont Saint-Michel, dans le nord de la France, pour marcher quelques 500km vers le sud, vers le lieu de résidence de nos bons amis Sébastient et Blanche, Saint-Jory-las-Bloux, à une trentaine de kilomètres de Périgueux, en Dordogne. En gros l'idée pour l'instant est de partir du Mont Saint-Michel vers Tours, puis vers Poitier, et finalement Saint-Jory.
Dans l'index en haut de la page, tu peux cliquer sur l'onglet "Carte trek 2020" pour voir notre trajet sur Googlemap.
À+
"Possède seulement ce que tu peux transporter avec toi; connais des langues, connais des pays, connais des personnes. Laisse ta mémoire être ton sac de voyage." -Alexander Solzhenitsyn
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Portugal 2018: Mission accomplie!
Ça y est, c'est fait! Vendredi le 6 avril, on est arrivés à la fin de la terre, Finisterra. C'est là que nous avons pris la photo trophée de ceux qui s'y rendent, la fameuse borne du "km 0" qui représente la fin du chemin. C'est une étape importante de notre aventure, et de notre vie. Est ce que ce monument représente la fin de nos aventure? Mmmmh...j'en doute...En effet, d'être rendus là, on trippait vraiment!
Portugal 2018: Journal de bord du 31 mars
Gps: , O Porino, hotel azul
Belle journée de marche, la sortie de Valença par la vieille ville fortifiée était superbe. C'est vers 10h30 que nous avons traversé le pont Eiffel qui marque la frontière. C'est drôle, on se sentait un peu fébriles de revenir en Espagne. C'est certains que pour nous, l'espagnol est beaucoup plus facile. Pluie presque toute la journée. En fin de journée, on se retrouve à 20h encore au centre ville de O Porino. La traversée est beaucoup plus longue que nous pensions à cause d'un loooong secteur industriel. Avec le froid et la possibilité de monter la tente on ne sait trop où ni on ne sait trop à quelle heure, on se prend un petit hotel sur le chemin. Bonnes pâtes ail/tomates dans la chambre, et film de cow-boy en espagnol.
Portugal 2018: Journal de bord du 27 mars
Gps: 40.36278, -008.45706 , Mealhada
Magnifique journée avec un ciel bleu sans le moindre nuage. Le parcours est superbe. Mélange de campagne, forêt, village, toujours sous un soleil reconfortant autour de 18 degrés. En fin de journée, on discute un peu avec David, un sympathique bonhomme de 74 ans qui insiste pour nous donner des (trop) d'oranges (ça pèse une tonne dans le sac à dos) et une douzaine d'oeufs. Il nous raconte un peu son histoire, nous fait visiter sa maison avec sa femme, et nous offre de bon coeur de picoler un coup avant de continuer. Malheureusement, il est déjà tard et on doit traverser deux village pour atteindre une oliveraie pour planter la tente. On se trouve un endroit correct juste avant Mealhada.
Portugal 2018: Journal de bord du 21 mars
Gps: 39.70368, -008.35361
Parti de Tomar vers 9h30. Un peu d'épicerie. Beau soleil qui alternera avec des averses pour la journée mais, dans l'ensemble, plus de soleil. Le départ de Tomar est super . Long sentier boisé le long de la rivière Nabao. On dîne à l'abri des forts vents sous le porche d'une petite église, puis café dans un petit village en milieux d'après-midi. On traverse une région super apaisante le long d'une rivière. Journée toute en montées/descentes, on s'installe pour camper vers 17h au sommet d'une montagne d'eucalyptus (on y prend goût). Pâtes pieuvres/tomates/citron, bon vin rouge, soirée relax en backcountry.
Portugal 2018: Journal de bord du 14 mars
Gps: 39.44580, -008.43621
Superbe journée!
Bon petit dej au gîte, puis on part vers 9h30. Beau soleil, +\- 15 degrés, pas de vent. Génial. Le parcours est vraiment intéressant. Juste après le village de São Caetano, on traverse La quinta da Cardiga (39.44554, -008.44868). C'est une bourgade abandonnée, mais classée monument historique. Un genre de village fantôme. L'ambiance est vraiment spécial. Pas épeurant, juste un peu désolant de voir de si grand et beaux bâtiments laissés à eux-mêmes. Mes pieds vont de mieux en mieux. C'est sûr qu'une journée sans pluie et des runnings confortables, ça aide. Il fait beau tout la journée. Vers 16h, on traverse une zone d'exploitation forestière d'eucalyptus en montagne et, vu que le temps semble plus clément, on se trouve un coin tranquile pour camper, loin de tout et de tous. Jo nous fait un plat de pâtes, oignons, feta de chèvre, citron (qu'on a trouvé sur le bord de la route) et crevettes. Un régal!!! Pendant ce temps, j'ai été filtrer de l'eau pour ne pas en manquer. Notre filtre à eau d'expédition Katadyn est vraiment efficace. Même l'eau d'une flaque d'eau en ressort délicieuse, avec une touche d'arôme d'eucaliptus.
Jusqu'à présent, le chemin nous a donné des oranges, des clémentines, des citrons, des feuilles d'eucalyptus pour les tisanes (ça c'est vraiment bon). On a même mangé de la chair de cactus. Super hydratant, la même consistance que le cantaloup, mais presque sans goût. Rafraîchissant.
Portugal 2018: Journal de bord du 11 mars
Jour 6, dimanche le 11 mars
Gps:
Quelle drôle de journée...
Merveilleusement bien dormi dans notre "hostel". Petit dej français avant de quitter à 8h45. Beau soleil, la ville est déserte. Avant de reprendre la route, on fait un détour de 2km pour aller m'acheter une paire de running shoes Asic. Wow! Le bonheur. J'ai laissé mes autres godasses sur place, trop lourd dans le sac à dos. En sortant du magasin, beau soleil. Frais, mais beau.
Portugal 2018: Journal de bord du 10 mars
Gps: 39.11750, -008.73397
Bien dormi, nos vêtements sont lavés, mais rien n'a séché. Le chauffage ne fonctionnait pas dans notre chambre d'hôtel. Heureusement que nous étions à l'intérieur car il y a eu une tempête de fou cette nuit. Petit déjeuner à l'hôtel. Ensuite nous partons sous un orage démentiel. À Valada, le village est inondé. On doit faire plusieurs détours pour retrouver notre route. Il a plu toute la journée, sans le moindre répit, entrecoupé d'orage violant. Pour dîner et récupérer un peu, on monte le rainshield de la tente pour se réfugier car on ne rencontre aucun abris. 30 minutes plus tard, le vent arrache tout. On repart... En fin de journée on ne trouve aucun endroit pour monter la tente. Et en plus, il mouille "des bonhommes" comme aurait dit ma mère. Comme d'habitude, la providence fait son oeuvre et Paula, une propriétaire d'un domaine, nous offre le gîte et le petit déjeuner qu'on négocie à 30€ pour les deux. Bon deal.
Jour 5, samedi 10 mars
Gps: 39.23556, -008.68528
Bonne longue nuit de sommeil, mais pas chaud dans une chambre toute en béton sans chauffage. On déjeune avec Paula et on quitte vers neuf heures. Ce matin, pour la première fois depuis notre départ, il fait soleil. Mais plus la journée avance, plus il vente. Ça alterne tout le temps. Quand il fait soleil, on est super bien. Un nuage passe, on gèle. On arrive quand même tôt à Santarém, et on se trouve une chambre privée dans un "hostel" pour backpackers. Génial,
Par contre, on fait face à deux problèmes. Primo, mes pieds me torturent à chaque pas. 5 ampoules en cinq jour de marche. Jusqu'à présent dans ma carrière de marcheur entière, je n'avais eu que trois ou quatre ampoules. Vraiment, l'idée des bottes de marche ne me convient pas du tout. J'aurais dû mettre des running shoes "road race" comme d'habitude, ou mes sandales. De plus, le traitement imperméable de mes bottes est super efficace, mais à l'envers. L'eau rentre, mais ne sors plus. Secundo, notre tente ultra légère ne tient pas le coup face à cette météo agressive. Sur la via Francigena, elle avait bien performé mais, cette fois-ci, ce n'est pas le cas. Demain avant de continuer, on va faire un pit-stop au magasin de sport Décathlon pour essayer de trouver une solution.
Jusqu'à présent, on est toujours sur des sentiers super tranquilles. Soit le long de la très longue digue qui protège les villages près du Taje, ou des sentiers agricoles. C'est vraiment très paisible.
Ce soir, on est rendu à 81,2km depuis Lisbone.
Portugal 2018: Journal de bord du 8 mars
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Premier contact avec le Tage.
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Via lusitana jour 1:
gps: 38.86863, -009.08416
Nous sommes arrivés à Lisbonne hier soir à 18h. La navette était 4€ chacun alors ont a pris le métro pour se rendre à l'hôtel pour 1,45€/chaque. Hôtel correct. On a fait des courses chez Lidl alors on mange dans notre chambre. Ce matin, départ 11h. On prends le métro pour se rendre au pa c des nations qui est notre point de départ. On longe le Taje pendant un bon moment puis on suit le rio Trancão pour le reste de la journée. Rien de spécial ci ce n'est que j'ai calé jusqu'aux chevilles dans du ciment frais sans indications. J'ai laissé mon empreinte. On se trouve un champs pour dormir juste après Alpriate.
Portugal: Jour J-1...
Ça y est, on est prêt !
Après avoir refait nos sacs pour la septième fois, tout est prêt. Le checklist est respecté. Pour un équipement complet qui va nous permettre de camper n'importe où, être confortable entre -10 et 40 degrés, on va transporter à deux moins de 50 livres d'équipement, ce qui inclus TOUT: Sacs, tente, sacs de couchage, vêtements, équipement d'orientation, équipement de cuisine, vêtements de pluie, sandales, bottes, tout. Le sac de Jo fait 10 1/2lbs (dans un Osprey 30 litres), et le miens 20lbs (dans un UlGear de 45 litres) plus un sac de taille de 5lbs.
On prend l'avion demain soir, fait un escale de trois heures à Londres, puis on devrait arriver à Lisbonne lundi vers 18h00. Notre hôtel est réservé pour le premier soir. Mardi matin, petit dej, quelques courses pour trouver la bouffe de base et de l'alcool pour le réchaud, et métro pour se rendre à notre point de départ au parc des nations (Parque des naçaöes), notre "Km 0" (38.76863, -9.09585), tout près du fleuve Tage. Encore une fois, je vous donnerai chaque fois que possible les coordonnées GPS en format DD (degrés décimaux) qui vous permettrons de repérer facilement où nous sommes passé. Vous n'avez qu'à copier la série de chiffre entre parenthèses, la coller dans Google map, et faire "enter".
À +
Portugal 2018: Le projet
Bonjour à tous nos amis lecteurs et lectrices, connus ou inconnus.
Et oui, on ne peut plus résister à l'appel du chemin. On repart en Europe début mars pour un mois et demie. Cette fois, nous cheminerons sur la VIA LUSITANA, aussi appelé le camino portugais. C'est un des chemins menant à Compostelle à partir de Lisbonne au Portugal.
On a l'intention de suivre le chemin traditionnel jusqu'à Padron, en Espagne. De là, le chemin bifurque habituellement vers le nord-est pour se rendre à Santiago. Mais étant donné que nous y sommes déjà allés, nous continuerons plutôt vers le nord pour se rendre à Negreira, et foncer plein ouest pour se rendre au Finisterre espagnol.
Pour nous guider, et éviter les routes le plus possible, nous avons considéré plusieurs guides (Lepère, Rother, Outdoor etc). Notre choix s'est arrêté sur le guide Le chemin portugais (via Lusitana) de Gérard du camino. Le prix est très correct, la livraison au Québec en moins d'une semaine et les mises à jours téléchargeables en PDF sur le site web. Il semble bien fait, bon format, et agréable à consulter. Pour la qualité de l'information, nous vous en dirons plus pendant notre aventure.
Nous suivrons ce guide jusqu'à Padron. Ensuite, de Padron à Negreira, nous n'avons pas trouvé de chemin balisé. J'en ai donc tracé un à l'aide de Google map. De Negreira au Finisterre, ça devrait être une autoroute à pèlerins alors peu de chances de se perdre. Tout ça devrait nous faire découvrir environs 700km de chemin en environs 5 semaines.
D'ailleurs, en suivant ce lien, vous aurez accès au tracé que j'ai fait sur Google map.
D'ailleurs, en suivant ce lien, vous aurez accès au tracé que j'ai fait sur Google map.
Encore une fois, afin d'optimiser notre expérience de terrain, nous partirons en autonomie complète (équipement de camping et de cuisine). Cette formule nous donne une parfaite liberté d'action sans avoir à toujours chercher un endroit pour dormir ou manger. On prévoit se louer un hébergement par semaine pour se détendre et profiter de l'eau chaude (ça c'est vraiment, vraiment une belle invention!). Aussi, pour la première fois en voyage, on va "essayer" de respecter un budget quotidien de 20 euros par jour/par personne. Si on y arrive, on pourra envisager de repartir en France à la fin de l'été marcher de nouveaux secteurs.
J'ignore si Marie-Hélène nous lira encore dans cette aventure mais, si c'est le cas, je n'oublie pas ta recommandation pour l'Alsace. C'est vrai que Colmar semble très intéressant...
J'ignore si Marie-Hélène nous lira encore dans cette aventure mais, si c'est le cas, je n'oublie pas ta recommandation pour l'Alsace. C'est vrai que Colmar semble très intéressant...
Je vous tiendrai au courant de nos préparatifs et des modifications portées à notre équipement.
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À plus,
Reg
Rome I
Mercredi 1er octobre 2014
Ce matin, on a débuté la journée avec un bain de foule sur la place St-Pierre. Pour l'audience du pape, la place était pleine aux trois quart environ. Ça fait quand même beaucoup de monde. Au début on ne le voyait que sur écran géant mais, après une demi-heure, il est apparu en vrai. Pas très grand, environ 3mm. Mais plus tard il est passé à environ 10m de nous, il avait repris sa taille normale. C'était assez cool de le voir comme ça, mais y'en a qui tripaient vraiment. La tremblotte, les larmes aux yeux. J'ai trouvé ça un peu drôle de voir le monde courrir pour le photographier plus loin. Y'a une madame camerounaise qui, en la regardant, on voyait bien que ça faisait un bon 30 ans qu'elle n'avait pas marché à plus de trois km/h. Mais là, elle courait "à full pine" comme on dit. Ses babouches boucanaient quand je me suis dit:"Cibole! A va crever c'est sûr". Ben non. C'est tuff du monde quand ça veux. Après, on a prix le métro pour se rendre à notre studio. Beau métro, super propre. Il n'y a que deux lignes, mais la couverture semble assez bonne. En arrivant, on s'installe, on met ça un peu à notre goût, on constate qu'y a plein d'affaires qui ne marchent pas, on improvise des solutions, puis on part faire un brin de shopping. Des vêtements. J'essaie de me faire un look "urban traveler" un peu européen. Pas aussi cool que mon chum Jacq, mais pas pire quand même (lol). Puis on revient se faire un souper "maison" dans notre camp de base. En soirée, on s'échange une couple de courriels avec Claudette (ma tante) pour s'organiser une rencontre. Je passe le reste de la soirée à cibler les points d'intérêt.
Ah oui! Et bravo à mon amie Valérie, qui a fait le demi-marathon de Montréal en 2h06m12,3s. Ce qui la place dans les 14% des meilleurs. Bon, je ne parlerai pas trop d'elle pour ne pas froisser sa légendaire...modestie (???).
Jeudi 2 octobre
Petit dej au studio. Œufs, toasts avec beurre sans colorant, cafés, viande qui ressemble à du bacon, mais qui ne goûte pas le bacon, beurre d'arrachide. Relax. On se sent "presque" à la maison. Ensuite, direction banque pour prendre ce qu'il faut pour payer deux semaine de location du studio. Pas évident de retirer un si gros montant dans des guichets italiens. Pour couronner le tout, mon compte bancaire est débité du double de ce que j'ai reçu en argent. Aye aye aye! Mamma mia! On va avoir du fun pour régler ça dans les jours qui viennent. En revenant au studio, je me trouve un superbe sac à bandoulière en cuir véritable, qui "fit" parfaitement avec mon p´tit kit de voyage que je suis en train de me faire.
À midi, on part visiter ce qu'on trouve en périphérie de l'appartement de Claude et Claudette.
Dans les jours qui viennent, on va visiter plein de choses. Alors je ne vais pas décrire en détail tout ce qu'on voit parce que ça va être long toi. Même chose pour les photos. Je vais mettre seulement celle qu'on ne retrouve pas sur Google Image. Je vais juste lister ce qu'on a vu, et noter comment Johanne et moi on a trouvé ça en étoiles. Une *, ça vaut un peu le coup d'œil, cinq *****, c'est grandiose. Pas d'étoile, ça vaut pas le détour. Bien sûr, c'est selon NOTRE perception. Alors on commence:
Circus Maximus *
Église Santa Maria in cosmedin*
Bocca della veritas*
Fontana dei Tritoni
Le temple d'Hercule Victor*
Le temple de Portunus
L'arc de Janus*
Église San Giorgio in Vilabro
Église Santa Maria della consolazione al foro romano*
Piazza del Campidoglio*
Le superbe pavement de l'église Santa Maria in cosmedin
Le temple d'Hercule victor
Ensuite, on s'est rendu chez Claudette pour l'apéro avant d'aller casser la croûte dans resto à deux pas de chez eux. Ça été une soirée géniale qui a passé beaucoup trop vite. On doit absolument remettre ça avant leur départ. Retour en métro.
Ça y est, on est lavé de tous nos péchés (encore une fois) !!!
C'est aujourd'hui mardi le 30 septembre, 11h23, qu'on a reçu notre certificat de pèlerin, le Testimonium, à la cité de Vatican.
Le trophée en plus gros...
C'est sûr qu'après quatre mois sur le chemin, ayant marché 1811 km sur les 2100 total, 2 535 400 pas, ça fait quelque chose. Le feeling est différent de quand on a reçu notre Compostella en 2008, mais nous aussi on est différents. Dans l'ensemble, on est probablement encore plus débrouillards, patients, ouverts aux différences. C'est "à chaud" que je te dis ça parce que ça prend du temps avant de constater les effets de ce genre d'aventure sur notre personnalité.
Un p´tit clin d'œil ici à mon chum Claude, le plus catho des bons gars que je connais. J'aurais aimé que tu sois là aujourd'hui. T'aurais vraiment tripper...
Demain matin, à 9h00, on est invités à une audience papale avec SS le pape François. C'est une audience publique bien sûr, mais on va quand même y aller (hi hi hi). J'aurais quand même aimé prendre un scotch avec Frank en tête à tête; j'ai une couple de bonnes questions pour lui.
Une photo recto/verso de notre invitation "V.I.P.",
Ici, c'est une photo de nous au centre de la place Saint-Pierre. Le balcon où le pape s'adresse à ses ouailles est juste au-dessus de ma tête, un brin à droite. Honnêtement, je pensais que c'était plus vaste que ça. C'est grand, très grand, mais pas comme je pensais.
Après la cérémonie demain, on part s'installer dans notre studio pour deux semaines. Et bientôt, on va rencontrer ma tante Claudette et son chum Claude ici à Rome pour passer un peu de temps ensemble. Ça, ça va faire drôle. Ce sont deux personnes que nous aimons profondément et dont les voyages nous ont toujours inspirés. Partager un repas avec eux, ici en Italie, sera assurément un moment inoubliable pour moi.
Cet après-midi on a fait un tour de ville en "sight seeing bus" pour faire notre reconnaissance de terrain. On va découvrir b-e-a-u-c-o-u-p de choses les prochains jours.
On reprend la route vers la ville éternelle
Et oui, en ce magnifique lundi, on remet nos sacs à dos et continuons vers le sud. Rome est à une vingtaine de kilomètre d'ici. On peut facilement le faire aujourd'hui, mais on fera étape en chemin. Ça va nous permettre d'arriver au Vatican frais et dispos. Ces quatre jours de repos ont été divinement bénéfiques. La Storta n'est pas une belle ville. Y'a rien à visiter, rien à voir, et pas de magasins intéressants pour faire du lèche-vitrine. C'est peut-être grâce à ça qu'on s'est autant reposé. J'ai pris beaucoup de temps pour réfléchir à tout ça. D'où viens-je, où vais-je, pourquoi-je ???
Pendant que je t'écris, on reçoit un courriel de notre amie Micheline, qui à marché un mois sur le chemin du Puy-en-Velay en France. J'ai hâte d'entendre son récit. Je t'avoue que je commence à avoir hâte de m'acheter d'autres vêtements. C'est assez grippant de voir mon chandail bleu quand je n'ai pas mon sac sur le dos. Le dos est bleu foncé, et sur le devant, deux barres bleu foncées là où sont les bretelles. Le reste est tout décoloré, brûler pas le soleil.
À Rome, je vais me trouver un pèse-personne à emprunter à quelqu'un. À l'œil, j'ai perdu beaucoup de poids. De la graisse bien sûr mais, aussi, de la masse musculaire. Ouch!
Bon, on repars...
On voit Rome d'ici...
Nous sommes rendu à La Storta, à 20 km de Rome. Nous prendrons ici quelques jours de repos car on ne peut arriver à Rome avant le 30 septembre, date pour laquelle notre studio est réservé. Physiquement, comme en 2008, on dirait que nos corps ont franchit un cap. De superbes machines, au service de notre volonté. C'est bien sûr qu'en fin de journée, on a encore parfois le dessous des pieds un peu "applati". Mais la structure motrice est vraiment bien rodée. Je ferai probablement peu de commentaires les jours qui viennent. Tu comprendras certainement qu'en cette fin d'aventure, je suis dans un profond état d'introspection. Mais ne craint rien, tu seras au courant quand on se remettra en route. Et j'ai bien l'intention de bloguer un compte rendu assez complet de cette aventure.
Au regard des évènements récents, je glisse ici un mot pour signifier mon support à tous mes amis Algériens, particulièrement ceux originaires de Tizi Ouzou. Et aussi à mes amis Français, qui vivent intensément cette épreuve douloureuse.
Bien sûr, notre idée de "peut-être" se rendre en Algérie au mois de janvier pour profiter du soleil et connaître la terre natale de mes amis, est bel et bien dissipée.
Je t'enverrai quelques photos d'ici un où deux jours car maintenant, c'est l'heure de la douche !!!
Ça commence à sentir le Romain...
Pour commencer, un texte que j'ai beaucoup apprécié:
Le jour où je me suis aimé...
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et, alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle l'ESTIME DE SOI.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle,
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle l'AUTHENTICITÉ
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle la MATURITÉ.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle le RESPECT.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle l'AMOUR PROPRE.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans ,
j’ai abandonné les mégaprojets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime, quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle la SIMPLICITÉ.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison
et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’HUMILITÉ.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle la PLÉNITUDE.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir,
mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient un allié très précieux.
Kim et Alison Mc Millen
Dimanche 21 Septembre, Sutri, 1743,2 km
Distance à Rome: 67,8 km
Ouais, je sais, ça fait un p´tit bout que je n'ai pas écrit. Je me sens un peu bizarre ces jours-ci. Très bien, un peu..béat. Je me sens très près de la nature. Il nous reste dix jours pour parcourir une soixantaine de kilomètres, alors on marche lentement. De plus, l'histoire des villages traversés est de plus en plus intéressante, et les nombreux vestiges bien conservés. Par exemple ici, à Sutri, il y a un ancien amphithéâtre et des dizaines de tombes étrusques, datant d'environ 800 ans avant J-C. Les tombes étaient alors creusées dans la pierre, comme celles que nous avons vus en Anatolie en Turquie, à Pisac au Pérou et dans le Yucatán au Mexique. Je me questionne souvent sur nos origines quand je vois des pratiques similaires à différents endroits éloignés, à la même époque. Comment ça se fait que plein de monde ont décidé de mettre leurs morts dans la roche, au lieu de les brûler, en même temps? Même bizarre de question pour les pyramides. Faut naviguer entre les différentes théories.
Depuis quelques jours, on voit pas mal plus de pèlerins, à pieds, mais plus en vélo. C'est normal avec le truc des cent km que j'expliquais la dernière fois. C'est parfois drôle parce que ici, la plupart des pèlerins vont vite. Go go go à Rome. Et c'est pourtant dans cette régions que les sentiers sont les plus beaux et bucoliques, et les mieux balisés. La météo est superbe depuis plusieurs jours. Ça serait le fun que ça tienne jusqu'à Rome, mais on est quand même en septembre...
Pourquoi on continue ???
Vendredi 5 septembre, Altopascio, 1395,2 + 17,9 = 1413,1
Distance à Rome: 413,8 - 17,9 = 395,9
Hier soir, on s'est initiés au "aperol spritz". C'est le drink orangé que tout le monde boit le soir. Pas mauvais, un peu amer, c'est un mélange de vin blanc pétillant, d'eau gazeuse et de campari, avec glace et tranche d'orange. Mais je ne peux pas vraiment te dire ce que ça goûte, c'est assez unique. Aujourd'hui, trajet sur le plat, mais rien à voir.
Je remarque que, en Toscane, et peut-être ailleurs, il n'y a pas de collecte des ordures à la maison. Les gens doivent aller les porter dans des bennes un peu partout. Il y en a à tout les cent mètres. Résultat! C'est pas très beau, ça sent souvent mauvais, et il y a des déchets partout. Surtout sur les petits chemins de campagne qui se voudraient bucoliques, les bords de route sont parsemés de détritus. Et quand les faucheuses passent dans les sacs à vidange, ça fait vraiment dure. Et dès qu'il y a un coin un peu en retrait, les gens viennent "domper" leurs poubelles là. C'est pas l'idées qu'on se faisait des campagnes toscannes. C'est sûr qu'en auto, sur l'autoroute, on ne voit pas ça, comme à la télé. Arrivés à Alto, au gîte, on fait la connaissance de deux Français de la Haute-Savoie, Jacques et Patrick.
"Les Français conduisent en fou, les Suisses sont un modèle de discipline, et les Italiens sont d'une courtoisie exemplaire..."
Bon ben...je vais te dire ce que j'en pense, d'un point de vue piéton.
Les Français sont...pas si pire que ça; Semblable au Québec.
Les Suisses, on ne se tasse pas pour laisser la place aux marcheurs, mais les passages à piétons sont "moyennement" respectés. Aux feux de circulation, tout va bien.
Les Italiens, c'est autre chose. Ils vont vite, très vite. Et on a parfois l'impression qu'il doivent avoir leur cell en main pour démarrer l'auto. Tout le monde parle au téléphone et texte aux coins de rues. Assez rushant pour un gars de la SAAQ. Mais ils sont habitués aux nombreux cyclistes le long des routes. Alors pour nous, pas vraiment de problèmes. Mais contrairement à partout ailleur, c'est plus sécuritaire de marcher dans le sens de la circulation, ils nous laissent plus de place. Tandis que face à la circulation, tel que recommandé, ils nous collent à 30cm, à 90km/h. Wwwwwouf!!! Et la courtoisie? Presque inexistante. Le seul moyen de traverser, c'est de se "câliquer" devant eu en les regardant du coin de l'oeil. Même quand ils sortent de leur entrée, si on arrive en même temps, ils donne un p´tit coup de gaz pour se sacrer devant nous, et attendent de pouvoir sortir en nous bloquant le passage. Et ce n'est pas un cas isolé, c'est comme une coutume. Pis là, on est seulement dans des villes moyennes. Je t'en reparlerai à Rome...
Samedi 6 septembre, San Miniato Alto, 1413,1 + 23,5= 1438,6 km
Distance à Rome: 395,9-23,5= 372,4 km
Super petit dej dans la chambre avec les provisions d'hier. Soleil très chaud, parcours très plat, mais un peu long. On croise nos deux amis à deux reprises et la deuxième, on poursuit la route ensemble. On voulait arrêter dans un petit village qui préparait une superbe fête médiévale pour le soir, mais absolument aucune possibilité d'hébergement, même à l'immense couvent des soeurs Clarisses (???). On se retrouves 8km plus loins dans un monastère franciscain où on est hébergés après une longue et pénible négociation, même s'il s'agit d'un accueil pèlerins de cinquante-cinq places et qu'il n'y avait que quatre pèlerins, en auto, qui étaient là. Et hors de question de nous donner, ou plutôt vendre, quoi que ce soit à manger ni ce soir, ni demain matin, c'était TRÈS claire. La règle monastique de Saint-Benoît est vraiment en voie de disparition. C'est à se demander quelle est maintenant la vocation de ces grands ordres religieux...
Mardi 9 septembre, Sienne, 1438,6 + 88,7 = 1527,3 km
Distance à Rome: 372,4- 88,7 = 283,7
Après trois très longs jours de marche, on fait étape à Sienne, où on prend une pause d'un jour pour récupérer et visiter. On s'est déniché un superbe petit B&B à cinq minutes de marche de la ville historique, à bon prix et propre.
Mercredi 10 septembre, Sienne, 1527,3
Distance à Rome: 283,7
Visite de Sienne.
Jeudi 11 septembre, , 1527,3
Distance à Rome: 283,7
Journée longue et difficile dans les champs de glaise. Ce matin, j'ai dû m'acheter des imodiums pour continuer; la bactérie ne me lâche pas. Par contre, on trouve facilement un joli petit hôtel en arrivant dans la ville. Ça fait plusieurs fois que les balises nous envois dans des endroits pas possibles. On va recommencer à faire nos itinéraires quand on a du Wifi. C'est drôle à dire mais, c'est fréquent de ne pas y avoir accès.
Vendredi 12 septembre, Ponte d'Arbia, 1552,2 km
Distance à Rome: 258,8
Ce matin, c'est le déluge. Hors de question de suivre l'itinéraire dans la glaise, on s'enligne sur la route. Y'a du trafic en cibole et, j'sais pas si c'est la pluie ou quoi mais, le monde ne se tasse pas du tout, même les camions. Bizarre. Un moment donné, quelqu'un nous suggère un chemin plus tranquille, pas trop boueux. On essaie. Bonne idée. On se trouve un gîte après une dizaine de km, trempés à l'os et transit pas le vent. J'ignore comment on fait pour supporter ça. Depuis un looooong moment, on a plus vraiment de fun, on s'acharne. On s'auto-analyse. Orgueuil, résignation, fierté, courage. Finalement, on s'accorde sur une raison. On ne veut pas avoir de regret un jour en se disant: "Pourtant, il nous restait juste deux ou trois cent km à faire. On aurait donc dû continuer". Ouais, actuellement, c'est ça la raison.
Un petit bout de "treni"...
Jeudi 21 août, Pont Saint-Martin, 1150+20= 1170 km
La casa antica
Ouf! Très dure nuit, je n'ai pas dormi. Crampes d'estomacs, j'ai vomi à trois reprises, la diarrhée, et mal au sciatique. Le matin, ça a pris beaucoup de volonté pour partir. Complètement déshydraté, faible comme un pou et un peu gaga, j'ai quand même réussi à faire les 20km prévus, avec seulement un yaourt et un kiwi. À toutes les demi-heures, je me faisais un "pep talk" en me disant sans cesse que "I'm a fuc... road warrior". Je me comprends. Je suis arrivé au gîte complètement vidé, dans tous les sens du terme. Le soir, j'ai bu deux litres d'eau minérale gazéifie pour me réhydrater, et manger seulement un peu de céréales avec des crudités. Jo elle, n'a rien eu. Heureusement. Ça doit être un bactérie que j'ai chopé quelque part. On a réussi à contacter par Skype notre amie Micheline, qui par en pèlerinage bientôt sur le chemin du Puy-en-Velay, en France. C'est une personne qui nous inspire beaucoup Johanne et moi et pour qui nous avons la plus grande affection. Buon camino peregrina!
Vendredi 22 août, Ivrea, 1170+24= 1194 km
Albergue Luca
Bien dormi, mais l'estomac fragile encore. Un fruit et un croissant le matin, et mes intestins capotent toute la journée. Et dès que je prends une gorgée d'eau, arriba!!! Malgré tout, on fait nos 24km. Le chemin est superbe. Outre le fait que je ma santé nous impose de fréquentes pauses, c'est magnifique de circuler sur les anciennes voies romaines, parmi les vignobles en paliers et les petits chemins emmurés. Bien sûr, je ne mange rien le midi. Pendant que Jo mange, je récupère sur une chaise longue d'un hôtel. Le soir, heureusement, on trouve l'hôtel facilement. Deux fruits et un morceau de fromage, avec beaucoup d'eau et hop, dodo.
Samedi 23 août, Vercelli, 1194
Vercelli palace
Aujourd'hui, je fonctionne sur la batterie de secours. Et on prévoit beaucoup de pluie. On décide donc de faire un bout en train. De toute façon, pour être à Rome la première semaine d'octobre, on devra le faire à quelques reprises. On saute ainsi trois étapes, encore un peu montagneuses, et où il n'y a pas de point d'intérêt majeur. On a pris le train à Ivrea, fait un transfert à Chiasso (pas de jeu de mots facile), et direction Vercelli. Tout ça pour 14€ pour les deux. Dans les gares, quand toutes les annonces sont en Italien, faut être plutôt attentif. Les prochains jours devraient être en terrain plutôt plat. Depuis que nous sommes en Italie, nous n'avions pas trouvé d'alcool pour le brûleur, mais aujourd'hui oui. À l'hôtel, on s'est fait du riz avec du poulet. Miam! Ca va me donner des forces. Et l'eau de riz, c'est bon pour c'que j'ai. Là on se repose pour vrai. Demain, on reprend le cap sud.
Ça m'étonne encore que tout un continent survive avec ce genre de petit déjeuner. Pratiquement tout les matin, un croissant avec du beurre et un café, avec pain et confitures, et des tonnes de Nutella. À l'occasion, mais rarement, un peu de fromage et du jambon. On s'ennuie vraiment des déjeuners Cora et mon bacon du jeudi matin. C'est pour ça que, la plupart du temps, on fait notre propre petit déjeuner nous-même avec des flocons d'avoine quand on en trouve, des fruit frais, du yaourt, du pain intégral et du beurre d'arachide, quand on en trouve ça aussi.
1150 km et toutes ses dents...
Le voici! Le vidéo du Grand Saint-Bernard est disponible ici.
Samedi 16 août, Gignod, 997m, 1061+26= 1087 km
Samedi 16 août, Gignod, 997m, 1061+26= 1087 km
Hôtel Bellevue
Petit déj. Au réfectoire, on discute beaucoup avec la femme de Nicolas (désolé, j'ai oublié son nom). On part vers 9:00. En sortant de l'hospice, le vent glacial nous traverse comme une passoire. 2 degrés, un brouillard à trancher au couteau, et un facteur éolien de fou. En cinq minutes, on a les doigts gelés et on est déjà transit. Ayoye! Go go go, faut qu'on se réchauffe alors on part illico. Y'a tellement de brume qu'on ne voit même pas le lac à 200m, et on photographie la statue de Saint-Bernard de justesse, entre deux nuages. Pendant une heure, notre cadence rapide de descente suffit tout juste à nous donner un certain confort. Une autre heure plus tard, les nuages se dissipent et le soleil nous chauffe jusqu'à...12 degrés. C'est déjà ça. Aujourd'hui, on descend beaucoup, un peu plus de 1400m. Ça paraît en météo, et sur notre capacité cardio-vasculaire. On est en Italie maintenant. C'est très différents. Les bâtiments, la bouffe. Les gens sont ici aussi très accueillants. Le balisage est extrêmement facile à suivre et les chemins sont très agréables. Espérons que ça dure quelques jours ainsi. On cafouille quelques mots de pseudo italien, et ils font le reste. Parce qu'on se sent en forme, on dépasse l'étape prévue pour se rapprocher d'Aoste, une ville où on devrait pouvoir magasiner quelques petites choses, dont des chaussures pour moi. À l'hôtel, plus de chambres doubles. On nous demande 100€ pour deux chambres simples. Il est 19:00 et on est un peu coincé. Mais à force de "gogosser", on deal une chambre lit simple et deux petits déjeuner à 55€ pour les deux. Moi je dormirai par terre sur mon matelas de sol. C'est pas pire que dehors, on est au chaud et au sec, et Jo sera confortable. Je dois maintenant plonger dans mon étude de l'italien...
Dimanche 17 août, Aoste, 1087+10= 1097
B&B Dubuisson
Petite distance aujourd'hui. On se dépose à Aoste et profite de la journée splendide pour visiter la ville. Le quartier historique est très vivant, même si on est dimanche. J'en profite pour remplacer mes espadrilles finies par des sandales. J'entends déjà plein de monde dire que je suis malade, en sandale? Je l'ai fait en 2008, et je ne suis pas mort. C'est seulement plus délicat dans les montagnes. L'histoire de la ville est vraiment intéressante. Implantée sous l'empereur Auguste, en -26, c'était une Rome miniature avec son théâtre, son coliseum, ses temples. C'est la peur de se faire envahir de tous côtés qui poussait les Romains à s'implanter de la sorte un peu partout. Ce soir, j'ai terminé mon septième clip, qui fait le fois sur notre traversée des Alpes. Je le trouve pas mal bon. Mais pour le mettre en ligne, il faut un bon Wifi, alors ça devrait être pour bientôt.
Lundi 18 août, Nus,
Hôtel Dujany
On quitte vers 9:30, tout en montée, à flanc de montagne. C'est ici, en hauteur, qu'on peut vraiment comprendre ce qu'est la vallée d'Aoste. Immense terrain plat, entouré de gigantesques montagnes qui coupent la régions d'est en ouest. Actuellement, on serait porté à se demander comment on va faire pour reprendre la direction de Rome, vers le sud. Y'a sûrement un col plus loin qui va nous éviter de se taper un 1600m de montée pour traverser. Tout est encore en montée/descente. On en a pour quelques jours. En sandales, ça commence à me faire des mollets pas pires...
Mardi 19 août, Châtillion, 1097+30= 1127km
Hôtel Dufour (chez la signora Dufour)
En dhors de la via, on retrouve notre chemin en une vingtaine de minutes. Très beau parcours sous le soleil, mais avec un assez fort vent. Le chemin est super bien balisé, sauf à un endroit où on traverse un ancien village abandonné. Un genre de village fantôme accroché à la montagne, c'est là qu'on perd le chemin. On se retrouve dans une fôret de ronces et d'arbustes très serrés. On réussi à en sortir avec seulement quelques égratignures, mais on se retrouve sur un chemin de fer de TGV. Heureusement, sans trains, on réussi à se faufiler dans un genre de tuyau d'évacuation des eaux, le reste étant clôturé de barbelés militaire (genre lames de rasoirs). Plus de balise, on se dirige simplement sur différents chemins, direction Nord-est. Peu de temps après, on retrouve la piste et rentre dans la ville vers 15:00. On trouve l'hôtel assez facilement après avoir demandé notre chemin, en italien, à un couple. Pas de réponse à l'hôtel, on prend une bière, on dévalise un guichet automatique, et je me fais raser le coco. Ça, ça fait du bien. On cherche une carte de téléphone pour Jo, mais les cartésien oranges ne sont pas disponibles en Italie. Dans la prochaine grande ville, on essaiera de trouver une solution. Ça serai le fun de pouvoir réserver nos hébergement. Au retour, la proprio de l'hôtel est là. Alors on s'installe, et on "fouère".
Mercredi 20 août, Verrès, 1127+23= 1150
Hôtel Il Casello
Soleil. On fait des provisions avant de quitter la ville, puis on mange quelques fruits devant l'église Saint-Pierre de Châtillion, avec une vue plongeante sur la ville. Ensuite, on retourne en montagne pour une superbe journée de marche. On traverse plein de petits hameaux où il a TOUJOURS des fontaines et de l'eau à profusion. À 13km, on prend une pause houblon à Monjovet avant de continuer. En quittant la ville, on revoit dans un bars quatre pèlerins allemands que nous avons croisé ce midi. On discute un brin, et reprend notre route. Un peu long sur le dernier stretch, on fait environ deux km pour trouver l'hôtel. Au final, ça a été une très belle journée.
Col du Grand Saint-Bernard, 2460m, 1061km, à deux pas de l'Italie...
Mardi 12 août, Champex, 1440m (altitude), 1013
GPS: N46.03537 E00709907
Départ de Martigny sous le soleil. Belle sortie de ville. Le chemin est bien balisé. La montée est raide, mais les paysages valent le coup d'œil. Vers midi, on partage une pizza et vers 16:00, on prend un café sur une terrasse au sommet d'une montagne. Belle surprise. En descendant, on voit une affiche qui annonce un gîte où on peut camper. Let'se go! On installe la tente et paf! Il se met à pleuvoir. Ouf, juste à temps. Repas randonneur sous un gazebo, douche et hop! Sous la tente. Ça me rappelle notre dernier souper chez les Campiche (pas la bouffe, mais le bruit de l'eau sur la toile). Mais en bonus, il vente fort et il fait 11 degrés. Mais on est dans les Alpes alors, faut pas se plaindre, il pourrait neiger!
Mercredi 13 août, Orsières, 825m, 1013+21= 1034 km
Hôtel de l'union
Il a plu toute la nuit, avec 4 degrés. Une chance qu'on a une bonne tente et de bons sacs de couchage. Petit dej habillés en automne, puis on descent. On est dans les nuages. C'est assez cool. Un instant la visibilité est bonne, et en trente secondes, on voit à peine à cent mètres. Ça alterne comme ça toute la journée, mais toujours sous la pluie. En chemin, on rencontre beaucoup de randonneurs qui, pour la plupart, font le tour du mont Blanc, en 7 jours environ. Presque tous des groupes organisés. Au lieu de faire de longs zigzags en serpentin, on prend un raccourci qui nous fait sauver quelques km. Mais, parce qu'il n'y a rien de gratuit, on descend pendant deux heures une pente qui varie entre 17 et 30 degrés d'inclinaison. C'est tout juste si on ne doit pas parfois s'asseoir pour descendre. Arrivés en bas, debout, mes genoux tremblaient. Ça ne faisait pas mal, mais ça a travaillé solide. Le genre d'épuisement musculaire qui, peu après, nous donne une "shot" d'endorphine plutôt agréable. Arrivés à l'hôtel vers 15:00, on a pu relaxer ben correct.
"Un ami est quelqu'un qui te connait tel que tu es, comprend d'où tu viens, accepte qui tu es devenu et toujours, gentiment, t'invite à grandir".
L'abbé Raymond Gravel, 1952-2014
Que ton âme repose en paix, prêtre de combat...
Jeudi 14 août, Bourg Saint-Pierre, 1630m, 1034+14= 1048 km
Bivouac de Napoléon
Un peu de difficulté à sortir du village au bon endroit, +\-2 km pour rien. Pas mal de montée, mais les pentes pas trop difficiles. C'est vrai qu'on commence à avoir les rotules bien huilées. Les paysages sont époustouflants. Dans les cols, nous sommes entourés de sommets. Il fait un beau soleil, mais la température change vite. Au soleil, 13 degrés, dès qu'un nuage passe, ça descent à 8 en quelques secondes. Mes chaussures sont en train de me lâcher. J'ai dû les rabibocher avec le meilleur ami de l'aventurier, du "duct tape". On est arrivés au gîte vers 16:30 alors on peut se reposer et faire le nécessaire pour partir plus tôt demain matin. On a une ascension de 1000m et de la pluie abondante prévue pour toute la journée, avec un max de 11. Ça va prendre un petit déjeuner d'ogre.
Vendredi 15 août, col du Grand Saint-Bernard, 2469m, 1048+13= 1061
Hospice du Grand Saint-Bernard
On "greille les p´tits" et on part à 9:00. Un peu de grisaille, une demi-heure de descente et ensuite, ça monte. Contrairement aux prévisions, il fait soleil presque toute la journée, mais avec de fréquentes averses. Et c'est pas chaud, ça tourne autour de six degrés, et un peu de grésil en fin de journée. Les paysages sont... indescriptibles! C'est la journée où j'ai le plus trippé depuis notre départ sur la via. Wow! On fait du trekking en Suisse, dans les Alpes, vers le col du Grand Saint-Bernard. Hallucinant. Quand tu verras le vidéo, tu vas voir à l'occasion des losanges jaune et noir un peu partout. C'est les balises qu'on doit suivre. On les appelait "l'œil de Sauron", comme dans Le Seigneur des anneaux. On pensait toujours au film parce qu'il y a plein de paysages qui ressemblaient. Vers 15:00, on se croyait au Mordore; que de la roche, humide, sombre dans les nuages. VRAIMENT cool, même trempés. Mes "running shoes tappés" sont en train de se désintégrer. Ça commence à presser d'en trouver d'autres, en Italie. Ce qui est aussi génial, c'est qu'on ne peut jamais manquer d'eau. Il y a de l'eau qui descent des montagnes partout, de la neige qui fond. Pour le déjeuner, on s'est caché du vent dans un abris de montagne. Super basic, mais "ça fait la job". En arrivant au col, on est dans les nuages avec de la bruine et du vent, frette. On est chaleureusement accueillis par le père Frédéric et, en savourant un bol de thé sucré, on discute avec un groupe de sympathique Suisses intéressés par ce qu'on fait. L'un d'eux, Francis (je crois), aimerait bien le faire. Go for it!!! Un peu de repos en écrivant mon journal de bord avant le repas du soir. Ici c'est drôle, le soir, on soupe, comme au Québec. Y'a plein de "pèlerins" qui arrivent en auto ou en bus alors, on doit repartir demain matin, pas question de rester plus longtemps. Dommage, ça aurait fait du bien à ma cheville qui commence à enfler, parce que je compense d'un côté à cause de mes chaussures finies. À partir de demain, c'est l'Italie. Ça va faire tout un changement. Jo a vraiment hâte d'y être parce que, les montagnes, elle commence à en avoir "son truck". Je pense que mon prochain vidéo va être assez bon, mais faut aimer la montagne...
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